MAGRITTE au Centre Pompidou

 

 

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Les peintures de Magritte demeurent un exemple reconnu et incontournable de la réflexion sur le rapport entre réalité et représentation. La rétrospective présentée au centre Pompidou met ainsi l’accent sur cet aspect précis du travail de l’artiste, intention annoncée dès l’intitulé de l’exposition : « La trahison des images ».

Artiste belge du XXème siècle, René Magritte a toujours adopté une position marginale : associé au mouvement surréaliste à ses débuts, il s’en distingue volontairement, en accordant aux images une légitimité à être le vecteur de l’esprit égale à celle des mots. Il se sert ainsi de ses peintures comme outil de dénonciation car il veut, assez paradoxalement, exposer le caractère factice des images. Pour ce faire, il utilise par exemple des mises en abîmes ou des objets récurrents dans ses différentes toiles. Ces derniers, comme l’ombre ou la silhouette remettent eux-mêmes en cause la véracité de toute projection du réel. Magritte questionne également la capacité du langage à décrire fidèlement, comme dans son célèbre tableau « Ceci n’est pas une pipe » : selon l’artiste, il conviendrait mieux de dire « Ceci est la représentation d’une pipe ». Il accroît ainsi jusqu’à l’absurde le coefficient d’incertitude qui sépare l’image de ce qu’elle est sensée montrer.

A une époque où les photographies comme les vidéos se multiplient et nous assaillent au quotidien d’informations nombreuses, une telle exposition rappelle le recul dont chacun doit faire preuve. En effet, même si Magritte ne pouvait encore s’en douter en 1950, il est aujourd’hui bien trop simple de retoucher, couper, assembler n’importe quel contenu numérique afin d’adapter la réalité à une certaine opinion et de la partager massivement. Le travail de ce peintre est donc incroyablement ancré dans l’actualité et cette exposition le démontre de manière très habile, que l’on aime ou non ses œuvres d’un point de vue esthétique.

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